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Skye par la route

9-Sep-2017

Itinérance sur une terre entre ciel et mer

 

Terres de bout du monde que sont les Hébrides Extérieures, ce chapelet d’îles détaché de la côte écossaise. A Jura la secrète ou Mull la sauvage, j’ai préféré Skye et ses paysages déchiquetés. Pendant dix jours, mon exploration de l’île fut accompagnée par la fureur du vent de l’Atlantique et le crachin du Nord. Je m’y suis senti vivant. J’y ai compris la force de la Nature en en contemplant les merveilles.

 

 

La première aventure consiste à rejoindre Skye par la route depuis Glasgow. Le paysage vallonné me dévoile ses lochs mystérieux, avant que je ne pénètre dans le Glen Coe. Au creux de cette vallée encaissée entourée de sommets enneigés, le vent souffle sans discontinuer. Voie de passage vers les Highlands, le trafic routier reste dense. J’opte pour un chemin de traverse, par le Glen Etive. Des cerfs m’ouvrent la voie. Viennent ensuite les Five Sisters of Kintail, au coeur du Glen Shiel, que je peine à distinguer avec la pluie qui s’abat drue sur mon pare-brise. Puis enfin, Skye, de l’autre coté du chenal. Nappée dans un brouillard dense, elle m’appelle. Je traverse.

 

L’île de Skye concentre des paysages extrêmement variés sur une petite surface. Mais les routes sont sinueuses et la concentration est requise sur les « single-track roads » où l’on croise principalement des moutons et des vaches, des aigles avec un brin de fortune. Les temps de parcours s’allongent ; qu’importe, la Nature est partout austère et magnifique. Touffes d’herbes folles, falaises, rochers et montagnes, que je tente de capturer avec mon appareil photo. L’obturateur crépite, ses claquements se perdent dans le silence.

 

Skye est une terre de cascades. Multiples, aux Fairy Pools. Puissantes, à Lealt Falls. Il n’y a qu’à attendre l’averse pour les voir naître puis gronder. L’eau est partout chez elle et partout elle tente de gagner la mer.

 

La mer, qu’on observe du haut des falaises à Niest Point, sous la masse protectrice d’un phare à l’abandon. Moutonnement indistinct d’écume dans le lointain, bleu gris virant au noir par temps de tempête. Les oiseaux marins nichent ici malgré le climat. Pour voir les phoques lors d’une sortie en mer, il vaut mieux préférer les eaux plus abritées du Loch Coruisk, au Sud de l’île, là où les montagnes se jettent dans l’océan.

 

Skye est donc aussi une terre de montagnes. Je suis pris de vertige par temps clair, lorsque les à-pics vertigineux des Black Cuillins se détachent des nuages. A Sligachan, je reste sur le pont de pierre à observer le spectacle de ces colosses de roche à côté desquels je ne suis rien ni personne. Plus au Nord, je lace les chaussures de marche pour saluer le Old Man of Storr, aiguille rocheuse dressée vers le ciel, le loch Leathan assoupi en contrebas. Il faut y monter le matin, lorsque le soleil tente sa chance entre deux nuages de pluie. Enfin, j’emprunte la route entre Staffin et Uig, qui serpente jusqu’au col des Quiraings. Quel spectacle que ce champ d’épines et d’écailles tranchantes, fruit d’effondrements de terrain successifs.

 

 

 

Si sur Skye la Nature est reine, les hommes en sont alors les sujets. Les hommes de Skye aiment leur île et son histoire faite de guerres de clans. Ils y perpétuent l’élevage et l’artisanat selon les méthodes traditionnelles. Ils y distillent le Talisker, non loin de la baie éponyme. Ils sont écossais, ils sont européens. Ils me l’ont dit, les voyageurs sont les bienvenus, il y aura toujours une cheminée allumée pour eux à l’auberge la plus proche.

 

RoutesPhotographiques.com

 

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