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LAS BARDENAS REALES, NAVARRE, ESPAGNE

21-Jul-2018

 

 

C'est à mi-chemin entre Pampelune et Saragosse, dans le nord de l'Espagne, que débute notre road-trek. L'étrangeté des lieux nous transporte hors du temps dans un univers radicalement différent : avant même notre arrivée sur les sentiers poussiéreux, la rare végétation qui borde les routes, les villages à l'aspect fantomatique, les stations-essences désaffectées sont comme des signes annonciateurs de ce territoire semi-désertique, vaste de 42000 hectares : Las Bardenas Reales de Navarre.

 

Le décor est planté, l'atmosphère est saisissante : orographie surprenante et variée, rude et sèche, presque lunaire, aux teintes ocres et orange ; sols gréseux façonnés par des forces érosives donnant place à de spectaculaires reliefs (ravins profonds, crevasses, badlands) ; paysages arides à la beauté sans égal d'où se dégagent de douces senteurs de plantes aromatiques. Epuisée par les secousses dues à l'irrégularité des routes menant au centre du désert, nous accordons une pause bien méritée à Aliénor (notre Mini Cooper). Nous l'abandonnons alors à l'entrée d'un sentier et décidons de nous aventurer sur cette terre steppique si singulière et de nous enfoncer plus encore en son coeur.

 

Sous un soleil de plomb baignant dans un ciel immense et céruléen, chacun de nos pas arrache à cette terre lézardée un cri de douleur. La poussière se soulève sous le poids de nos semelles crénelées et des sabots des équidés tandis que les vieilles empreintes fossilisées que nous rencontrons témoignent d'une activité animale clandestine. La profondeur des gorges nous ramène à notre humble condition. Au-dessus de nos têtes, le vol des rapaces cohabite avec celui des rafales. Las Bardenas abrite en effet une zone d'entrainement militaire encore active : le fracas assourdissant de ses engins volants rend l'ambiance anxiogène. Animé par les mirages, il semble danser à son gré. De l'autre côté, les larges horizons nous font prendre conscience de l'immensité du site. Le spot idéal pour nous ressourcer.

 

Assoiffés par l'envie d'en découvrir plus et tout en admirant la variété des couleurs des roches sous nos pieds, nous redescendons le mont non sans nous métamorphoser physiquement : les fréquents coups de vent jaunissent nos visages et nos vêtements. Le désert se mue en ravisseur et les quinze kilomètres que nous entreprenons par la suite viennent confirmer cette impression.

 

Sous-estimant notre sens de l'orientation, nous avançons tête baissée vers El Trillo, loin de tout repère. Nos peaux tannées par le soleil et lacérées par les ronces ne facilitent pas notre progression. Les gorges qui serpentent le désert nous obligent à plusieurs reprises à rebrousser chemin. Les rares bâtisses inhabitées ne nous sont d'aucun secours. Accablés par la chaleur et la fatigue, la randonnée se transforme en une longue et périlleuse odyssée. Malgré les cris qui émanent désormais de nos pieds souffreteux et nos réserves d'eau épuisées, nous persévérons dans cette zone dévastée pour atteindre, 5h30 plus tard, Aliénor : notre oasis un brin fardée.

 

 

 

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