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Française itinérante - Alice Triquet

25-Feb-2019

Salut Alice, est-ce que tu peux nous parler un peu de toi ?

 

 

Je suis une petite française ayant grandi en banlieue parisienne. Je ne me définirais pas comme une grande voyageuse, mais je me suis retrouvée à vivre dans 3 (bientôt 4) pays en dehors de la France au cours des 6 dernières années, donc il arrive qu’on me qualifie ainsi! Sinon j’adore la photo et je suis en train de finir un Master de commerce en marketing digital et data science à Paris.

 

 

 

 

 

Alors, tu es partie au Canada pour tes études, pourquoi avoir choisi ce pays ?

 

En réalité, le Canada était ma troisième destination de longue durée, et je ne l’aurais sûrement pas choisie sans être passée par les Etats-Unis et le Brésil d’abord. A 16 ans, je suis partie vivre 10 mois aux USA dans une famille d’accueil entre ma première et ma terminale. Une fois rentrée, j’ai choisi d’intégrer une école de commerce avec 2 échanges universitaires obligatoires. En 2016, j’ai donc été 6 mois à Rio de Janeiro pour approfondir mon Portugais et découvrir une nouvelle culture.  Au Brésil, le choc culturel a été très (très) dur à surmonter pour moi, et lorsqu’est venu le temps de choisir mon dernier échange, j’ai voulu m’orienter vers un pays dont la culture m’était plus proche, et une université dont le niveau était reconnu.

 

Comme je suis une aventurière incorrigible, je voulais quand même partir loin, mais 4 petits mois passent très vite à l’autre bout du monde. Il faut pouvoir s’intégrer rapidement car sinon, on ne commence à se sentir à l’aise et à profiter que juste avant de rentrer à la maison et c’est dommage! Le Canada anglophone m’a très vite attirée car je connaissais déjà la vie aux USA, je parlais déjà anglais, et je m’imaginais la culture comme un mélange du meilleur de l’Europe et du meilleur des Etats-Unis haha! Et puis, j’avais envie de voir la neige, la vraie, celle qui colle au sol et qui monte au dessus des chevilles ! Parmi les choix que proposait mon école, j’ai donc opté pour Queen’s University, à Kingston, dans l’Ontario! Sans aller au Brésil d’abord, je n’aurais sûrement pas choisi le Canada pour la suite, c’est finalement la stratégie que j’ai établie pour les deux échanges (une découverte culturelle puis une université reconnue), couplée avec ma première expérience très positive aux USA qui m’y a menée.

 

Est-ce qu’en arrivant sur place, la réalité était à la hauteur de tes attentes / rêves ?

 

Oh que oui! Enfin… j’essaye toujours de ne pas avoir trop d’attentes pour ne pas être déçue. C’est vrai que je connaissais déjà l’effet “tout en plus gros”: les voitures, les bouteilles de jus d’orange, les egos (non je rigole!)… Je connaissais aussi quelques stéréotypes, comme le fait que les canadiens soient tous gentils et s’excusent tout le temps, et c’est assez proche de la réalité! Une fois sur place, j’ai découvert la beauté des grands espaces, les magnifiques couleurs d’automne, les maisons de campagne au bord du lac et la grande générosité des canadiens.

J’ai pu me réveiller dans un Airbnb québécois et respirer l’air frais du matin, m'asseoir dans un pédalo au milieu du lac privé rattaché à la maison, ou encore ouvrir mes rideaux un matin de novembre et apprécier la blancheur de la neige fraiche tombée pendant la nuit, recouvrant toits, voitures et jardins et illuminant la rue. Et bien sûr j’ai appris à m’habiller pour sortir sous -20°C avec des rafales de vent qui brûlent les joues, mais qui rendent encore plus appréciable un bon café ou un cidre chaud.

La découverte du quotidien, les rencontres, les voyages, les défis de tous les jours, tout est décuplé à l’étranger et tout cela, on ne peut pas l’imaginer, on ne peut pas l’attendre. L’expérience réelle a été bien, BIEN plus grande que mes attentes, c’est sûr!

 

Quelles ont été les principales étapes de la préparation de ce voyage ?

 

 

En terme de démarches administratives, se préparer à partir au Canada est relativement facile en tant que française. Mon inscription à l’université était prise en charge par mon école française, et puisque j’y étais moins de 6 mois, je n’avais besoin que d’une simple autorisation de tourisme ETA, un formulaire à remplir en ligne.

Il faut ensuite contacter sa banque, pour souscrire à une option internationale afin d’annuler toutes commissions à l’étranger et augmenter son plafond pendant quelques mois. Dans ma banque, cette option est gratuite et permet beaucoup d’économies et de tranquillité d’esprit.

Forcément, on commet quelques erreurs, et pour moi cela a été de souscrire à une assurance internationale comme lors de mon échange précédent, sans savoir que l’université canadienne m’obligerait bientôt à souscrire à sa propre assurance… Au moins, j’étais très très assurée, mais c’est le genre d’info qu’il vaut mieux rechercher avant de partir.

Le plus difficile reste de dire au revoir à la France, aux amis, et d’essayer de faire rentrer sa vie dans une valise de 23 kg. Je vous rassure, une fois que l’on a fait une fois, on peut boucler une valise pour 6 mois les yeux fermés!

 

Qu’est-ce qui a été le plus challengeant pour toi ?

 

L’arrivée est toujours le moment le plus compliqué pour moi. J’ai tendance à faire un peu d’angoisse en situation de grand changement. C’est quelque chose que j’ai eu toute ma vie à différentes intensités, mais qui a carrément été handicapant au Brésil, et j’ai voulu tout faire pour que la transition soit plus douce à Kingston. Les premiers jours ont tout de même été très durs. J’avais trouvé une sous-location dans une maison avec 4 étudiants canadiens, que je n’avais évidemment jamais rencontré, mais lorsque je suis arrivée, il n’y en avait qu’un dans la maison. Il était très gentil, mais pas très bavard, et les autres n’emménageraient que quelques jours plus tard.

La boule au ventre a commencé à s’installer, et c’était un signe que je reconnaissais trop bien pour l’ignorer. J’ai décidé de me pousser quand même à sortir, et à aller rencontrer d’autres étudiants d’échange à un barbecue. Au final, être en groupe est ce qui aide le mieux à combattre le mal du pays. Les personnes que j’ai rencontrées à ce barbecue sont devenus de très proches amis, au delà de ces 4 mois à Kingston.

 

Quoi qu’il en soit, je retiens une chose. Il faut se connaitre et apprendre à reconnaitre les signes de sa propre santé. Si je n’avais pas eu des épreuves plus grandes au Brésil auparavant, je ne me serais pas bougée, je me serais enfermée sur Netflix au lieu de me pousser à sortir, et je n’imagine pas que j’aurais pu vivre une expérience aussi riche que celle que j’ai vécu.

 

Quelles sont les choses qui t’on fait grandir dans cette expérience ?

 

Je ne pense pas pouvoir mettre le doigt sur une chose en particulier qui m’aurait fait grandir. Pour moi, c’est l’expérience dans son entièreté et sa richesse qui fait qu’en 4 mois, j’ai grandi plus qu’au cours d’une année. Le fait de vivre en dehors de chez ses parents, de trouver une coloc dans un pays qui n’est pas le sien, de démarrer des amitiés de zéro, de découvrir une nouvelle école, un nouveau pays, un nouveau climat, d’adapter sa façon de faire les courses, de sortir, de voyager, étudier… Tout ça il faut l'apprendre, et vite! Finalement, ce n’est pas une chose qui m’a fait grandir, c’est d’en faire cent à la fois.

 

Quels conseils donnerais-tu à des jeunes voulant partir au Canada ?

 

Foncez, le Canada vous tend les bras! Les formalités ne sont rien, le plus dur est de sauter le pas, et ça se passe dans la tête. Et lorsque vous y serez, surtout, ouvrez-vous à l’inconnu. Je vois tellement d’étudiants d’échange ou d’expats qui cherchent à recréer leurs habitudes françaises à l’étranger, mais la magie arrive quand on ouvre les yeux, qu’on observe et qu’on commence à côtoyer et à se comporter comme les locaux. Je vous souhaite une grande aventure !

 

 

 

 

 

 

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